gm project   I   collection  

86 peintures
cire, cendres, huile sur papier   43 x 33 cm

August Hirt, né en 1898 à Mannheim, est le fils d'un homme d'affaires suisse.

En 1914, lycéen, il se porte volontaire pour participer à la Première Guerre mondiale du côté allemand. En 1921, il prend la citoyenneté allemande. En 1922, il obtient son doctorat en médecine et travaille ensuite à l'Institut d'anatomie de l'Université de Heidelberg. Il adhère en 1933 à la SS générale et est promu Hauptsturmführer(capitaine) puis passe Sturmbannführer(commandant) en 1944.
Sous l’Occupation, August Hirt est directeur de l’institut d’anatomie de Strasbourg.
Anticipant l’anéantissement prochain de la « race » juive, il entreprend à partir de 1942 un projet de « collection de squelettes juifs ». Son idée est de sélectionner dans le camp de concentration d’Auschwitz 150 juifs « typiques » dont il prendra les mesures anthropométriques et fera un moulage de la tête. Ces détenus seront ensuite conduits au camp de Natzwiller-Struthof, situé à une heure de route de Strasbourg, pour y être gazés, leurs cadavres revenant enfin à l’institut d’anatomie où leur squelette sera entreposé.
Un projet approuvé sans hésitation en octobre 1942 par Heinrich Himmler, qui autorise Hirt à commencer ses « expériences médicales ». À l’été 1943, une équipe menée par son assistant, l’anthropologue nazi Bruno Beger, débarque à Auschwitz. En cinq jours, 115 personnes sont sélectionnées. Décimés par une épidémie de typhus, seuls 86 juifs (57 hommes et 29 femmes) arriveront finalement au Struthof. Divisés en quatre groupes, ils seront successivement gazés et leurs cadavres mis à la disposition d’August Hirt.





Mais le médecin n’ira pas au bout de son projet. En septembre 1944, Himmler, inquiet de l’avancée des troupes alliées, ordonne la destruction de cette collection compromettante. Les moulages et tous les rapports doivent être détruits, les cadavres découpés en morceaux et brûlés dans un four crématoire. Mais le temps manque. Dans la précipitation, le personnel de l’institut se contente d’enlever le numéro de matricule tatoué sur l’avant-bras gauche et d’incinérer seulement les têtes, histoire de rendre les corps méconnaissables. Au passage, August Hirt récupère les dents en or, pour son compte personnel.

Le 1er décembre 1944, une semaine après la libération de Strasbourg, les restes des 86 victimes juives sont découverts.

August Hirt se suicide le 2 juin 1945 à Schönenbach, en Forêt-Noire après avoir vainement tenté de passer en Suisse.

Bruno Beger sera condamné en 1971 à trois ans de prison avec sursis pour complicité dans le meurtre des 86 Juifs et décédera dans son lit en 2009.