gm project   I   mission

cyanotypes sur papier h:51 cm


Attiré par la révolution bolchévique de 1917, Montandon se rend en Union soviétique en 1919. Il a quarante-deux ans. Il est l'un des premiers intellectuels à se plonger dans cette révolution. Le comité international de la Croix-Rouge le charge de négocier et d'organiser le rapatriement par Vladivostok de prisonniers de guerre autrichiens retenus en Sibérie. Il traverse le pays par le Transsibérien, de Moscou à l'île Sakhaline où vivent les derniers Aïnous. La mission s'arrête en route chez les Bouriates du lac Baïkal, aux confins de la Mongolie. Il ne fait pas que s'occuper du rapatriement des prisonniers durant ces deux hivers en Russie ; il en profite pour étudier la morphologie des divers peuples rencontrés. Épris d'égalité, il approuve la révolution bolchévique, y compris sa police politique, la Tchéka.








Au cours de son voyage en Russie, il s'était marié à Vladivostok avec une Russe de 22 ans, communiste, Marie Zviaghina, née le 8 février 1897 à Perm, fille d'un célèbre chirurgien, dont il aura deux filles et un fils.
L'intérêt scientifique d'avoir mesuré des crânes chez les Mongols et les Aléoutes n'aura pas été la seule satisfaction de ce périple. Dans “Féerie pour une autre fois”, Céline nous présente Montandon comme nostalgique à jamais des steppes et des neiges : "Tenez le Montandon mort et pote, qu'avait exploré tous ces lieux, la Sibérie, large et travers, il restait mordu ! ... ah la Toundra ! qu'il me soupirait... c'était des féeries d'après lui... des cyclones de neige que tout était emporté ! ( ... ) Ça existe les sinoques des steppes !... Il serait allé à Tomsk à pied, Montandon l'anthropologiste pour voir ses "plus-loins-que-rien-du-tout"... Si il souffrait de sa petite banlieue... Clamart !... Vous imaginez !…"